Dans un monde d'amplificateurs bardés de convertisseurs, de modules réseau et d'écrans, l'Ecstasy III fait figure d'exception assumée. Le fabricant serbe Dayens y a mis ce qu'il sait faire de mieux : une amplification analogique soignée, puissante et silencieuse, et rien d'autre. Un choix de puriste, qui se mérite et s'écoute.
Il s'adresse au mélomane qui possède déjà ses sources, lecteur CD, DAC, lecteur réseau, et cherche un intégré capable de mener des enceintes exigeantes avec chaleur et autorité, pour de longues heures d'écoute.
Dayens, l'artisanat serbe
Dayens conçoit et fabrique ses appareils à la main en Serbie. La maison défend une philosophie simple : des circuits courts, des composants triés à l'écoute, une construction robuste et une présentation classique. Sa gamme d'intégrés part de l'Ampino, compact, passe par le Menuetto et culmine avec l'Ecstasy III, qui succède à l'Ecstasy II.
Au-dessus, il faut passer aux éléments séparés : le préamplificateur Ecstasy IV et les amplificateurs de puissance Ecstasy IV Slim ou IV SE.
Conception : la puissance au service de la finesse
L'Ecstasy III délivre 2 × 100 W sous 8 ohms et 2 × 150 W sous 4 ohms, en classe AB. Chaque canal repose sur deux paires de transistors bipolaires japonais, là où les plus petits intégrés de la marque n'en ont qu'une. Ce doublement de l'étage de sortie, c'est davantage de courant disponible, donc plus de tenue sur les enceintes difficiles.
L'alimentation suit : un transformateur torique de 400 VA et 44 000 µF de condensateurs Mundorf MLytic AG, de quoi encaisser les pointes d'un grand orchestre. Sur le trajet du signal, Dayens a choisi des condensateurs Mundorf MCap Supreme, et le volume est confié à un potentiomètre motorisé Alps RK27, la fameuse série « Blue Velvet », pilotable par télécommande. Les entrées sont commutées par relais.
L'appareil reste volontairement dépouillé : quatre entrées ligne RCA, des bornes d'enceintes, et c'est tout. Ni DAC intégré, ni entrée phono, ni sortie casque, ni sortie préamplificateur pour un caisson de basses. Il pèse environ 14 kg.
Ce qu'en dit la presse
Srajan Ebaen, du webzine 6moons, a passé l'Ecstasy III au banc face au Wyred4Sound mINT, un intégré en classe D de prix voisin. Il décrit un son fluide, soyeux, aux couleurs légèrement dorées, sans aucune dureté ni brillance. Il reconnaît qu'un ampli plus cher irait plus loin en résolution, en séparation et en tenue du grave, mais salue un appareil réglé pour la beauté du timbre plutôt que pour l'effet, avec une scène aérée et spacieuse. Face au mINT, au grave plus ferme et plus sec, il donne l'avantage à la texture du Dayens.
Il regrettait en revanche l'absence de sortie préamplificateur et de boucle d'enregistrement, et un service d'expédition perfectible à l'époque de son essai, l'appareil étant alors vendu en direct depuis la Serbie.
Le banc d'essai de Maxime

Maxime
Le Studio HiFi, Versailles
Écouté au showroom
Le banc d'essai de Maxime
Avec l'Ecstasy III, Dayens change d'échelle sans changer d'âme. Sur une paire de colonnes qui ne se laissent pas mener par n'importe qui, l'intégré serbe frappe d'abord par son aisance : rien ne semble lui coûter, ni les crescendos d'un orchestre, ni les impacts d'une batterie, ni les lignes de basse qui descendent tout au fond du registre.
Le grave est ample, tenu, d'une belle profondeur, et pourtant jamais lourd. Sur un trio de jazz, la contrebasse garde son bois et sa vibration, chaque note se détache sans traîner. Sur un disque de rock, la grosse caisse a de l'impact et de la matière, sans cette sécheresse que l'on reproche parfois aux amplis à transistors.
Le médium garde cette chaleur, cette densité de timbre propre à la maison, mais avec une respiration nouvelle : plus d'air autour des instruments, une scène qui s'élargit et se creuse jusqu'à paraître holographique sur les bons enregistrements. Les voix y sont pleines, présentes, incarnées ; un saxophone ténor prend une rondeur cuivrée très séduisante.
L'aigu est doux, raffiné, plus soucieux de beauté que de démonstration. Les cordes gardent leur grain sans jamais devenir acides, et les enregistrements un peu durs, que l'on écoute d'ordinaire du bout des oreilles, retrouvent une forme d'indulgence. On sent un ampli réglé pour le plaisir de longues écoutes plutôt que pour l'effet immédiat, et c'est précisément ce qui fait sa force.
Sur un grand orchestre, la réserve de l'alimentation se fait sentir : les tutti montent sans se tasser, les pupitres restent lisibles, et l'on peut pousser le volume dans une grande pièce sans que l'image ne se resserre. À faible niveau, il garde au contraire une belle plénitude, ce qui le rend aussi agréable le soir que le samedi après-midi.
Le piano est sans doute l'instrument qui lui va le mieux. Sur une sonate de Schubert, la main gauche a du poids et de la résonance, les notes aiguës s'éteignent avec douceur, et l'on perçoit la caisse de l'instrument, son volume, la salle autour. Rien n'est souligné, tout est là : c'est la marque des amplis qui savent s'effacer devant la musique.
Par rapport au Menuetto, l'Ecstasy III gagne nettement en puissance et en autorité sur les enceintes difficiles, avec un grave plus profond et une image plus vaste. Pour aller plus loin, il faut passer aux éléments séparés de la gamme, le préampli Ecstasy IV associé à l'Ecstasy IV Slim ou à l'Ecstasy IV SE, qui apportent encore davantage de contrôle et de silence de fond.
Mais en un seul châssis, l'Ecstasy III réunit déjà tout ce qui fait le charme de Dayens : une musicalité généreuse, une présence physique des musiciens et une sérénité qui invite à réécouter ses disques préférés, encore et encore.
Points forts et ce qu'il faut savoir
- Une vraie réserve de puissance : 2 × 150 W sous 4 ohms.
- Une alimentation généreuse, avec 400 VA et 44 000 µF.
- Une signature chaleureuse, fluide, qui ne fatigue jamais.
- Des composants de qualité audiophile : Mundorf, Alps, relais.
- À savoir : ni DAC, ni entrée phono, ni sortie casque. Prévoyez vos sources en conséquence.
- À savoir : pas de sortie préamplificateur, donc pas de caisson de basses branché en ligne.
Est-il fait pour vous ?
Est-il fait pour vous ?
Il est fait pour vous si…
- Vos enceintes ont une sensibilité de 85 à 92 dB et une impédance de 4 à 8 ohms. (condition idéale)
- Votre pièce fait de 20 à 45 m². (condition idéale)
- Vous avez déjà un lecteur CD, un DAC ou un lecteur réseau à sortie analogique. (condition idéale)
- Vous cherchez une écoute chaleureuse et riche, pour de longues soirées. (condition idéale)
- Vous préférez un appareil simple, sans écran ni menus. (condition idéale)
Il l'est moins si…
- Vous voulez un seul appareil qui fasse aussi DAC, streaming ou ampli casque. (condition moins favorable)
- Vous écoutez des vinyles sans préampli phono séparé. (condition moins favorable)
- Vous souhaitez ajouter un caisson de basses par une sortie ligne. (condition moins favorable)
Avec quoi l'associer ?
Sa puissance et sa douceur en font un partenaire idéal pour les enceintes au médium riche et à la sensibilité moyenne. La Harbeth Super HL5 XD2, avec ses 86 dB et sa chaleur naturelle, trouve en lui un compagnon de route évident.
Pour une grande colonne, l'AperturA Edena Evolution profite de sa réserve de puissance, tandis que l'ampli respecte la finesse de son ruban.
Pour relier l'ensemble, un câble d'enceintes comme l'AudioQuest Rocket 33 est un bon point de départ.
Et si votre système est plus modeste, le Menuetto offre la même signature dans un format plus compact.
Notre avis
L'Ecstasy III ne cherche pas à tout faire. Il fait une chose, et il la fait remarquablement : amplifier la musique avec puissance, chaleur et élégance. Pour qui possède déjà de bonnes sources et des enceintes un peu exigeantes, c'est un intégré attachant, de ceux que l'on garde longtemps.
Venez l'écouter au showroom de Versailles et découvrez toute la gamme sur la page Dayens.
Écoutez-le avant de choisir
Au showroom de Versailles, du mardi au samedi, de 11 h à 19 h.

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