Le T3X fait partie de ces appareils dont on mesure le talent au moment où on l'éteint : le système semble soudain plus plat, moins incarné. Lors de notre séance d'écoute au Studio HiFi, relié en fibre optique à notre réseau, il a immédiatement installé une scène holographique, profonde, où chaque musicien occupe sa place avec une stabilité imperturbable.
L'alimentation linéaire se fait sentir dès les premières mesures. Le grave gagne en assise et en tension, la dynamique s'exprime avec davantage d'aisance, et le fond de scène se creuse d'un noir plus dense. Sur un grand orchestre, les tutti se déploient sans tassement ; sur un piano solo, la décroissance des notes s'étire dans un silence d'une belle pureté. Une contrebasse pincée sur un trio de jazz garde son grain de bois et sa durée, sans ce flou qui épaissit souvent le bas du spectre.
Le médium reste le cœur de la signature Lumïn : chaleureux sans complaisance, riche en harmoniques, d'un naturel qui fait oublier la source. Les voix ont du corps, du souffle, une présence qui touche. Une voix féminine enregistrée de près ne siffle pas, ne durcit pas ; les sibilantes restent à leur place. On écoute plus longtemps, plus fort, sans fatigue.
La fibre optique n'est pas un gadget : elle participe à ce calme, à cette impression que la musique sort d'un silence plus profond. Elle ne transforme pas le caractère du lecteur, mais elle lui permet de donner le meilleur de lui-même, surtout dans une maison où le réseau est chargé.
Le suréchantillonnage mérite aussi quelques essais. Passer toute la musique en DSD256 adoucit encore le trait et arrondit les attaques, au bénéfice des enregistrements un peu secs des années quatre-vingt ; le laisser de côté rend aux prises de son modernes toute leur vivacité. Rien n'est figé : chacun règle son lecteur selon ses disques et son système, depuis l'application, en quelques secondes. Dans les deux cas, la restitution garde cette cohérence qui ne met jamais un registre en avant aux dépens d'un autre.
Par rapport au D3, le modèle du dessous, l'écart est franc : plus d'ampleur, de matière et de sérénité dans les passages chargés. Face au P1 Mini, proposé au même niveau, le T3X fait le choix du pur lecteur réseau, sans entrées numériques ni fonction de préamplificateur analogique, au profit d'une simplicité de parcours du signal. Grâce à son volume Leedh, il peut toutefois piloter directement un amplificateur de puissance, et c'est une configuration qui lui va très bien.
Pour qui n'a besoin que d'une source réseau, c'est sans doute l'un des choix les plus équilibrés de la gamme : la technologie des grands Lumïn, sans le prix des grands Lumïn.